En 1984, à 19 ans, Olivier Tryba est entré en
apprentissage dans la lignée initiatique des "Don-Gooh-Yah-Oh" (maîtres des pierres) des amérindiens
Takelma, de l'état de l'Orégon, aux États-Unis. Voici ce qu'il dit de son parcours et de son
partage:
"Depuis ma première intitiation, j'ai appris et voyagé avec des
amis amerindiens depuis le cercle arctique jusqu'au Guatémala, habitant souvent des mois et des années à la fois
avec des gens différents, et faisant aussi de longs séjours seul dans des lieux très retirés, et qui ne sont
accessibles qu'en canoë ou après beaucoup de jours de marche. Suivant le conseil de mes aïeux
initiatiques, j'ai aussi étudié le bouddhisme, hindouisme et le taoisme, avec plus de 20 ans de pratique et
d'enseignement de Tai Chi et Qigong. Un élément clef de cet apprentissage est de vivre dans des
cultures différentes, de sortir du moule de notre programmation culturelle et d'approfondir dans l'usage
traditionnel de lieux sacrés. Les Don-Gooh-Yah-Oh traditionnels de l'Orégon, pour compléter leur formation,
voyageaient depuis l'Orégon jusqu'au cercle arctique, au nord, et descendaient jusqu'à la pointe de l'Amérique du
Sud, à Tierra del Fuego, voyageant, vivant et apprenant de peuples et cultures différentes en cours de route, lors
d'un voyage qui prend des dizaines d'années. On m'a demandé de faire de même de par le monde, afin
d'approfondir ma saisie de l'impacte des cultures sur notre vécu humain.
Finançant mes voyages avec plus de 20 ans de travail comme infirmier en soins intensifs aux
États-Unis et en Amérique Latine, je fais aussi du consulting pour des entreprises internationales dans le domaine
de la santé. J'ai travaillé la bijouterie et j'ai lancé une agence de publicité. J'embrasse les possibilités du
monde moderne, tout aussi bien que notre potentiel naturel d'épanouissement humain.
Grandissant dans une famille fracturée, des deux côtés de l'Atlantique, en Belgique avec ma
mère belge née au Congo, et à Chicago avec mon père polonais-américain, l'impacte de cultures, familles, classes,
langues, et perceptions sur notre vécu est un thème qui a touché ma vie en chaire vive, depuis mon plus jeune âge.
Passer des années dans une culture, et puis des années dans d'autres, apprenant les langues, les coutumes, et
découvrant, parfois péniblement, les attentes, les ouvertures, les exclusions et les tabous de chacune m’a donné
une saisie de notre vécu, à travers et au-delà de notre programmation culturelle, qui est peu commune. Et, en
même temps, de par ce fait, je suis toujours en apprentissage quant à mon vécu et celui des
autres.
Mes années d’amitié et d’apprentissage avec des peuples indigènes m’a non seulement montré
qu’il y a une très grande variété de possibilités et même d’harmonie possible dans notre vécu humain. J’ai
aussi vu la facilité avec laquelle des cultures anciennes, adaptatives et sages peuvent être démolies en une seule
génération : il suffit d’asujetter leurs enfants à nos normes éducatives, relationnelles,
religieuses, perceptuelles, et linguistiques pendant une seule génération et nous garantissons la rupture d’une
transmission initiatique et fomentons la transmission de traumas relationnels et existentiels qui ont depuis
longtemps été normalisés dans les cultures européennes tronquées de leurs origines indigènes. Les cultures qui
normalisent le trauma, de la naissance à la mort, transmettent ces traumatismes fidèlement de génération en
génération tout en transmettant le tabou d'en parler.
J'ai aussi connu des amis amérindiens qui ont grandi dans des communautés fracturées par
l'alcoolisme, la violence, et tous les troubles que tous nos ancêtres ont vécus et transmis suite à des conquêtes
et colonialisations culturelles, linguistiques, religieuses, sexuelles et économiques. J'ai vu des communautés
décimés depuis plus d'un siècle se transformer en s'ouvrant à leurs vécus, leurs ruptures, et leurs douleurs
authentiques. J'ai vu des communautés avec plus de 90% d'alcoolisme se convertir en communautés vibrantes et saines
avec plus de 90% de sobriété, et cela en 20 ans.
Notre capacité transformative est exceptionnelle. Mais elle ne se base pas sur de la
fantaisie, de l'utopisme ou encore un autre schéma mental. Elle émerge de rapports humains où ce
qui est douloureux dans le rapport est approché avec un profond respect, franchise, ouverture et le courage de
cesser de prétendre que nous savons que faire. Nous nous mettons en rapport depuis notre propre vécu et
senti, au-delà d'étiquettes, recettes, et drames.
Depuis beaucoup d'années on m'a demandé de donner des conférences et partager mon
invitation à un vécu beaucoup plus humain, ouvert, sage, et libre des fantaisies "spirituelles," des a prioris
culturels, et des censures perfectionnistes qui prolifèrent. Je ne m'y sentais pas prêt. Je sentais qu'au delà de
tout ce que j'avais appris, quelque chose de beaucoup plus simple, humain et ignoré me "grattait" depuis le centre
de mon être.
En 2001, j'ai découvert un deuil profond en moi que j'ignorais complètement. Lors d'un
voyage dans le désert j'ai vécu la mort et la déconstruction de mon personnage culturel qui m'avait permis de
naviguer ma vie tout en ignorant les fausses allégeances et le senti tabou qui étaient au cœur de ma démarche de
survie.
Ce fut un éveil profond et douloureux qu'il m'a fallu des années pour intégrer, accepter et
comprendre. Dans un premier temps, j’ai cru que cette douleur était très personnelle et due aux bouleversements de
mon enfance. À mesure que j’intégrais mon expérience et la partageait avec des amis de familles plus « normales »
beaucoup me disaient que mon vécu révélait quelque chose de profond dans le leur, quelque chose qui leur restait
inaccessible, malgré des dizaines d’années de méditation, de thérapie et de « pratiques transformatives »
assidues.
Le gens de mon entourage devenaient de plus en plus insistants que je leur propose un
accès formel à ce que je découvrais. Depuis l'été 2009, je vais où je suis invité à partager. Je ne prétends
pas être chamane, thérapeute, ou "expert" en quoi que ce soit. Je suis un étudiant de et un pelerin
dans l'expérience humaine, ayant le privilège d'un parcours hors-série qui peut
bénéficier à d'autres personnes et
peut-être épargner, à vous et à vos enfants, de payer si cher pour arriver à à une bienvenue, une curiosité,
une compassion et un éveil plus amples vis-à-vis de votre vécu, votre Intelligence Évolutive, et ceux qui
vous entourent.
Les Innocents sont ceux qui
motivent mes partages. Les Innocents en nous et les Innocents qui nous entourent. Parents, grands-parents,
tantes, oncles, amis, voisins, éducateurs, etc.; nous avons tous une responsabilité de laisser un monde non
seulement habitable mais digne d'être habité par nous et les générations futures. Chacun de nos enfants nous offre l’occasion de redécouvrir notre nature
humaine avant de
les asujettir à notre culture. L'accueil que nous donnerons à leur humanité sera
neurologiquement régie par la bienvenue que nous avons reçue et que nous leur transmettrons.
Mon travail n’est pas un simple questionnement culturel. Il se
base sur une prise de conscience de notre nature biologique, s’informe d’une saisie lucide de nos différentes
structures neurologiques, et revendique le droit de tout humain et de chaque enfant de s’épanouir dans le
développement et l’expression de l’intégralité de notre potentiel évolutif. Un regard très sommaire et un tant soit peu curieux vis-à-vis des jeunes nous
montrera combien d’eux sombrent dans la dépression, la drogue, la frustration intégrale et la marginalisation
face à une culture qu’ils ressentent, tant qu’ils n’aient pas encore maîtrisé notre art de nous anesthésier,
comme un affront à la Vie qui les habite et qui demande une façon de VIVRE digne de leur humanité
naturelle.
Mes amis amérindiens disent que notre monde nous est prêté par les générations qui nous ont
précédés et pour les générations qui nous suivront. Oserons-nous chérir
la nature de ce monde et notre humanité, même si cela demande aujourd’hui le courage non seulement de questionner,
mais de vivre et de sentir la nature de nos cultures, avant de les transmettre inconsciemment en chaire vive auprès
de ceux que nous aimons ?
Cette question est au cœur de mon invitation. L’aventure que je propose
est pour ceux qui la tiennent à cœur, afin que nous puissions cheminer ensemble d’une manière digne de l’expression
évolutive de notre humanité.
Soyons BIEN Venus !
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